Cléone

Cléone, virtuose de la coupe et du mouvement

Quand elle crée sa première collection, Cléone a 23ans. Elle vient de styliser le bleu de travail si cher à son coeur, celui que porte son père ébéniste et sculpteur.
Cléone traduit la célèbre veste de travail aux manches raglan, en cachemire, en feutre de laine et en toile de lin. Elle imagine six modèles qu’un article dans Télé 7 jours suffit à faire connaître. A cette époque, l’idée plaît tellement que chaque jour, des dizaines de colis partent de l’atelier parisien de la rue François 1er.

Près de quarante ans et quelques milliers de modèles plus tard, Cléone n’a rien perdu de sa jeunesse artistique. Un mot, une image… et sous ses doigts naît une collection. Aujourd’hui, Degas et ses tulles embrumés lui inspirent le mariage. Hier, l’opéra et Venise imprimaient les silhouettes de la styliste. Elle se laisse traverser par les univers d’Hollywood, de la mode des années 30, les toiles des grands peintres classiques ou contemporains…

Ce souffle tend toujours à révéler la beauté et la grâce d’une femme. Cléone a ce talent d’habiller chacune de manière singulière, parce qu’elle-même est unique. Chez Cléone, la femme et la robe ne font qu’un. Il ne s’agit pas seulement d’une question de style. Cléone est une technicienne hors pair. Elle dessine d’un seul trait les robes qu’elle réalise mais elle sait aussi choisir ses tissus, faire un patronnage et diriger une production.

Cette ancienne élève de l’école Gogel à Paris et de l’école du Louvre est surtout une disciple de Madeleine Vionnet.
C’est à cette grande couturière qu’elle doit de couper tout ou presque dans le biais. Là est le secret du confort Cléone. Ses vêtements épousent le corps et son mouvement. En Cléone, la femme est féminine et libre.
Mieux, Cléone sait la dévoiler à elle-même.

Texte: Anne Herriot